
Microsoft a enfin trouvé un accord avec les régulateurs européens de la concurrence pour permettre aux européens de choisir leurs navigateurs internet, après plus de 10 ans de désaccord entre les deux parties. Dans le passé, l’Union Européenne avait même infligé des amendes et des dédommagements totalisant la somme record de 1.68 milliards d’euros, soit près de 2.45 milliards de dollars. La commission annonce donc aujourd’hui que le désaccord a trouvé une issue amiable et légalement acceptable, mettant définitivement fin au problème de la concurrence déloyale que reprochent à Microsoft les programmeurs des navigateurs internet, puisque Microsoft livrait gratuitement et automatiquement Internet Explorer, son propre logiciel, installé par défaut avec son système d’exploitation, le plus vendu et utilisé au monde avec une domination de plus de 95%.
Le commissaire de la commission, Neelie Koes a dit : « Des millions de consommateurs européens vont aujourd’hui bénéficier de cette décision en disposant du libre choix quant à leur navigateur internet ». Mr Brad Smith, le représentant général de Microsoft en Europe à dit que son entreprise a été poussée par le changement par ses concurrents, mais qu’il pense également que son entreprise fait et a toujours fait des efforts dans la protection de la concurrence comme la loi la définit ».
De leur part, les autres fabricants de navigateurs internet ont salué l’initiative. « Jon Von Tetzchner, le directeur exectif d’Opéra, un navigateur norvégien s’est acclamé : « C’est une victoire pour le futur du Web ! »
Meilleurs navigateur
Mr Kroes ajoute que cet accord avec Microsoft est une sorte d’incentive aux fabricants de navigateurs, une motivation pour innover et offrir de meilleurs navigateurs dans le futur.
Aujourd’hui, plus de la moitié des internautes dans le monde utilisent Internet Explorer, 32 % à utiliser Mozilla FireFox, et 2% à utiliser le norvégien Opéra. Et c’est d’ailleurs ce dernier, le concurrent mineur de Microsoft à avoir déposé la dernière plainte en 2007. Son Directeur exécutif, Joo Von Tetzchner, a d’ailleurs souligné que ce pas va booster l’innovation et va permettre un meilleur développement des navigateurs et d’ajouter : « Cette décision est aussi une célébration de l’ouverture des standards du Web, comme ces directives partagées sont les ingrédients nécessaires pour l’innovation. Nous pensons donc que l’ouverture de certains codes par Microsoft est l’étape la plus importante pour clore définitivement ce problème légal de compétition déloyale avec Microsoft. »
Cet engagement de Microsoft pour les navigateurs sera valide dans l’Union Européenne pendant au moins 5 ans.
Position dominante
Dans un document émis en Janvier par la Commission Européenne, elle dit que Microsoft « pourrait avoir enfreint » un traité européen « en abusant de sa position dominante sur le marché » en préinstallant le navigateur internet fabriqué par elle-même sur ses système d’exploitation Windows, les plus vendus avec les PC.
En Juillet, Microsoft avait proposé de permettre aux consommateurs un écran qui leur permettrait de choisir entre différents navigateurs internet. La commission européenne avait accepté la proposition avec réserves, en demandant à Microsoft de mettre en avant l’écran du choix, qui est aujourd’hui chose faite.
En 2004, l’Union Européenne a saisi la justice et forcé Microsoft à vendre son système d’exploitation sans son logiciel multimédia, le Windows Media Player. La justice avait également demandé à Microsoft d’expliquer aux concurrents le fonctionnement de son système, pour qu’ils puissent fabriquer leurs propres logiciels, et que ceux-ci puissent mieux s’intégrer dans le système de Microsoft.
Cependant, Microsoft avait demandé appel, mais à perdu en 2007.
Des problèmes en attente
Cela dit, il y aurait également plusieurs différends entre Microsoft et ses concurrents, mais sur ce plan là aussi, des avancements ont été faits.
Microsoft avait proposé une version en juin qui supporte l’interopérabilité. Cette version destinée à être commercialisée à l’Union Européenne améliore la compatibilité des produits tierces parties avec des produits de Microsoft tels que Windows et Microsoft Office.
Ce changement a été bien accueilli par la commission européenne mais celle-ci a dit que son effet reste à tester sur le marché. Si les concurrents ne sont toujours pas satisfait, il risquerait d’y avoir d’autres procès et probablement d’autres amendes, a-t’on souligné.
HISTORIQUE DU PROBLEME EN BREF
Décembre 1998 – Sun Microsystems dépose une première plainte contre la dominance de Microsoft
Février 2000 – La commission européenne lance une enquête après avoir été informée que Microsoft ne partage pas certaines informations sur son MediaPlayer.
Mars 2004 – La commission rappelle Microsoft à l’ordre et lui ordonne de partager certains codes et informations.
Décembre 2007 – Une nouvelle enquête après la plainte d’Opera
Février 2008 – La commission augmente l’amende de Microsoft.
Janvier 2009 – La commission accuse Microsoft de lier illégalement Internet Explorer à Windows
Décembre 2009 – La commission ferme l’enquête après les efforts de Microsoft.
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